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Mes parents sont alcooliques

Par choubaka

Bonsoir,

Je suis une fille de 15 ans. Je me suis inscrite sur ce forum, pour avoir des avis/conseils de personnes ayant une histoire similaire à la mienne ou bien de n'importe qui, après tout.

Alors, mon papa est malade alcoolique, ça commence à dater, je pense que ça fait plus de 10 ans. Ma maman, elle, a plongé il y a 6 ans environ.. J'ai 2 petites sœurs de 12 ans et un grand frère (atteint d'un handicap, il ne vit pas chez moi, enfin plus maintenant).

Si j'écris ce sujet, c'est juste pour pouvoir dire anonymement, sans avoir de fierté à avoir, ni de devoir penser que je suis faible en le disant. Donc je le dis, je ne supporte plus mon chez moi, si l'on peut appeler ça un chez soi. C'est dur à vivre...

Je vis dans l'hypervigilance, j'ai peur, tout le temps. Je guette tout, écoute tout, analyse tout. J'ai peur de rentrer chez moi le soir et de retrouver mon papa ivre mort, le crâne ensanglanté..

Je subis couramment, les sautes d'humeur de mon père qui passe de tout gentil à méchant, vulgaire, violent.. Lorsque c'est le cas et qu'il commence à monter, à insulter mes sœurs ou ma mère, je les défends. S'il est violent, je m'interpose. Je préfère que ça soit moi qu'il frappe plutôt que mes proches...

Il est rabaissant et ignoble. Il est violent, il casse tout, il peut vite devenir violent avec nous.. J'ai souvent peur qu'il se passe quelque chose de grave ( comme il y a pu déjà se passer). Maintenant, je réussi mieux à garder mon calme, je réfléchis avant de parler et je m'isole plus facilement..

Ma maman ne boit plus vraiment maintenant (on a les services sociaux sur le cul). Mais elle a besoin de se faire aider... L'alcool, c'est l'arbre qui cache la forêt... Mais il y a déjà eu des weekends, où mes parents étaient tellement pétés que j'ai dû m'occuper de mes sœurs et de mon frère... Même si ma mère est toujours là pour nous, je ne me sens pas en sécurité chez moi... Elle ne nous aide pas..

J'ai peur pour moi, j'ai peur de moi... J'ai peur de devenir mauvaise, je me sens déjà mauvaise.. J'ai créé une carapace tellement grosse que personne ne peut y entrer. Enfin, j'y laisse les personnes que j'aime ( soit une ou deux). Je me sens mal, en tout cas, ce soir, je me sens triste.
Je n'ai aucune confiance en moi, je culpabilise tout le temps, je suis extrêmement parano, je suis toujours à analyser tout, j'ai peur des gens, je ne me sens pas bien relationnelement. Que ça soit avec mes soeurs, mes amis ou petit-amis. J'ai peur d'être blessée tout le temps, j'ai peur de l'abandon, j'ai peur de faire confiance. En fait, je n'ose pas dire "je t'aime" à quique ce soit.. J'ai peur de ne pas être assez bien pour les gens que j'aime vraiment. Je me voile la face.. Je n'arriverai à rien dans la vie. C'est à faute de mon père, je me sens faible, atteignable très facilement mais en même temps, si l'on me touche, je me défends facilement. Je suis toujours sur la défense d'ailleurs..

J'ai peur d'avoir peur.. Je ne vis pas, j'ai peur de devenir par la suite alcoolique. Je veux que tout cela cesse, je ne veux pas que ma vie de maintenant me rattrape plus vieille. Et je veux avoir des relations stables..

Comment tout cela peut-il cesser ?

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1 réponse


Moderateur - 01/03/2018 à 17h24

Bonjour Choubaka,

Vous avez posé la question à notre service à travers la rubrique "Vos Questions/nos Réponses" et nous vous avons répondus. En l'espèce nous constatons qu'il n'est pas en votre pouvoir de tout faire cesser : c'est à votre père de décider de se faire soigner malheureusement. En revanche il est en votre pouvoir de tout faire pour que vous "alliez mieux", que vous soyez moins atteinte par la situation sans que cela ne vous coupe des autres.

Dans votre message ci-dessus vous décrivez combien cet alcoolisme de vos parents vous transforme. Vous avez raison : cela transforme, cela fait mûrir bien trop vite et cela fait des dégâts sur soi. Afin de surmonter cela nous vous conseillons dans notre réponse et ici de trouver une aide, une écoute et un soutien psychologique pour vous. Nous vous conseillons aussi de vous ouvrir aux autres.

Ceci d'autant plus que la "solution" que vous avez trouvée aujourd'hui, c'est-à-dire vous construire une carapace, ne vous protège pas vraiment. Cela ne vous protège pas complètement de ce que vous font vos parents et cela vous coupe des autres. Or les "autres", aussi imparfaits soient-ils, sont aussi des ressources pour vous. Il n'y a pas que des gens qui vous blesseront comme le font vos parents.

Comprendre et être proche de vos émotions et évacuer celles qui sont négatives est important pour votre futur. Vous mettre dans une carapace risque de vous en empêcher.

Vous n'êtes pas la seule à réagir comme cela. Le problème c'est que tôt ou tard la carapace finit par craquer car en fait vous avez enfermé avec vous des émotions négatives dues à cette situation.

Je vous invite à lire ce que dit Alexandre dans cet autre fil de discussion : http://jeunes.alcool-info-service...ms-pour-l-entourage/Mere-alcoolique2
Alexandre s'est construit comme vous une carapace quand il était au contact de sa mère. Mais cela ne l'empêche pas plus tard de se mettre à boire lui-même alors qu'il déteste cela. Il dit très bien que c'est sans doute lié aux émotions qu'il a enfermé avec lui (ici la tristesse).

C'est vraiment en en parlant et en vous liant aux autres, c'est-à-dire aux personnes "positives" pour vous, que vous pourrez trouver les ressources pour surmonter la colère, la tristesse, la déception, la peur et toutes les autres émotions négatives que vous éprouvez. L'important ce n'est pas de mettre un couvercle dessus, l'important c'est de pouvoir les évacuer.

A nouveau nous vous renouvelons donc notre conseil : faites la démarche d'en parler à des tiers de confiance. Des proches ou des professionnels neutres et bienveillants à votre égard. Prenez par exemple contact avec la Maison des adolescents de Lille que nous avons donné dans notre réponse de l'autre jour.

Bien sûr notre ligne d'écoute est également à votre disposition au 0 980 980 930 (tous les jours de 8h à 2h). Il n'y a pas de solution simple pour vos parents mais vous avez une piste sérieuse pour prendre votre destin en main. Ça au moins cela dépend de vous.

Nous restons à votre écoute.

Cordialement,

le modérateur.

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