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Cette addiction qui me gâche la vie...

Par Ludz

Bonjour à tous, je viens sur ce forum car j'aimerais partager ce quotidien terrible qui me pourrit littéralement l'existence. Mais tout d'abord, j'aimerais faire un rapide retour en arrière pour résumer ma carrière d'addict à l'alcool.

J'y ai goûté durant mes années de collège : fun, festif, enivrant...
Ce qui me permettait de m'évader d'un contexte familial bancal et d'un avenir auquel je ne voulais même pas parler. Ça devenait de plus en plus fréquent au fil des années et j'étais allé jusqu'à mettre en place d'ingénieuses techniques pour m'en procurer. Pendant les vacances j'allais chez un ami et on buvait tous les jours, ensuite on séchait les cours pour boire, et j'ai finis par me déscolariser. Là c'était infernal.
Par chance j'ai rencontré une fille qui m'a permis de prendre du recul face à ça et j'ai considérablement ralenti ma consommation pendant près d'un an. J'ai repris les études en alternance, j'avais mon propre appartement où je vivais seul et elle chez sa mère, et j'ai recommencé, je lui cachait. Mais parfois elle se pointait chez moi et me trouvais ivre, et alors elle se mettait à pleurer et moi je ne trouvais rien d'autre à faire que l'engueuler pour me défendre. On a eu plusieurs ruptures où je rechutais complètement.
Je voulais vraiment me sortir de tout ça et l'armée m'attirait intensément. J'ai postulé et j'ai lâché complètement l'alcool et changé mon mode de vie : sport, alimentation saine, lecture, pêche... J'étais bien, vraiment bien.
J'ai passé mes concours avec succès, puis j'ai attendu les résultats patiemment : 1, puis 2, puis 3 mois sans aucune réponse... La période des fêtes approchait et je m'autorisait quelques écarts : un verre avec des amis, une petite bière devant la télé... Je glissais lentement sur la pente sans vraiment m'en rendre compte.
Et c'est au bout de 5 mois que mon tant attendu courrier de l'armée française arriva entre mes mains, après autant d'attente, je n'avais plus qu'un mince espoir de l'intégrer et ça ne m'attirait plus autant.
La réponse était négative, mon passé d'adolescent inconscient m'avait rattrapé, les nombreuses fois où la justice m'avait rappelé à l'ordre ne leur avaient pas échappé. La flamme qui brûlait en moi venait de s'éteindre et je me retrouvais sans but, je switchait entre sport et apéritifs, pendant un temps, jusqu'à que je saisisse un job qu'on me proposais dans les Antilles. Cela fait maintenant 3 mois que j'habite à Saint Martin, au début j'arrivais à rester raisonnable, mais ça n'a duré que 3 semaines. J'ai été hospitalisé suite à une occlusion et aujourd'hui je suis en arrêt maladie, je passe mes journées à boire, seul, je me couche à l'heure où ma colocataire part travailler et je ne fais plus rien de ma vie. Je suis loin de tout et la seule chose qui me reste c'est ça : une addiction qui a prit part de ma vie et qui n'a pas l'intention de me laisser tranquille...
Je me sens faible et pourtant je sais qu'en moi se trouve une personne pouvant accomplir de grandes choses.
Je sais que poster mon histoire ici ne m'enlèveras pas l'addiction, que je m'expose juste au jugement des autres, mais, je sais pas, si je le fais c'est peut-être qu'en moi sommeille encore un homme qui cherche à évoluer. Je sais ce que je dois faire mais je ne le fais pas, allez savoir pourquoi...
Merci à ceux qui auront eu le courage de lire jusque là, j'écris quelques heures après mon réveil, à mon retour de la supérette où je peux profiter de l'alcool à prix détaxé, je ne veux pas boire non, et pourtant c'est trop tard, avant même de m'être assis pour écrire ça je n'ai pas su résister. Et vous savez sûrement comme moi que c'est pas le premier, mais tous les autres qui sont vraiment durs à ne pas consommer...

Ludz

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1 réponse


Moderateur - 05/11/2018 à 12h32

Bonjour Ludz,

Merci pour votre message, merci d'avoir pris le risque d'être lu par d'autres et, éventuellement, "jugé". C'est courageux de votre part.

Mais ici nous ne sommes pas là pour vous juger. Nous souhaitons surtout savoir comment nous pouvons vous aider à vous en sortir.

Vous avez une qualité qui n'est pas si fréquente que cela chez les personnes qui boivent : vous êtes capable de prendre du recul et de dire j'ai tel problème et cela ne va pas. Cela ne résout pas tout mais mine de rien c'est déjà beaucoup.

En vous lisant ce qui est clair c'est que vous avez besoin d'une motivation pour vous faire aller de l'avant, adopter un comportement "raisonnable" où vous ne buvez plus ou moins. Mais actuellement justement vous faites face au refus de l'armée et votre nouveau travail ne se révèle pas suffisant pour vous permettre de tenir le coup. Vous avez lâché prise et vous êtes réalcoolisé, ce qui empire avec l'arrêt maladie.

Il n'est pas facile de digérer un échec, cela prend du temps aussi. Cependant vous arriverez à le surmonter si vous essayez de contrôler votre alcoolisation. Vous devez passer à autre chose et pour cela il faut que vous puissiez un peu moins boire - pas vous abandonner à la boisson en tout cas - et partir en recherche de vos prochains objectifs personnels. Car bien sûr que vous pouvez réaliser de grandes choses et que vous avez un potentiel. C'est simplement difficile de trouver la filière qui va vous permettre de le déployer.

J'ai l'impression que vous cherchez un milieu "cadrant" et qui bouge. Peut-être pouvez-vous exploiter vos capacités sportives pour trouver une activité en rapport avec cela ? En tout cas je vous engage à aller rencontrer des conseillers d'orientation, de faire le point pour vous donner assez rapidement de nouveaux horizons. Je ne sais pas ce qui est disponible à Saint-Martin mais si vous retournez en métropole vous trouverez tout ce qu'il faut.

Parallèlement à la recherche de votre nouvelle motivation vous pouvez entamer un accompagnement avec les professionnels d'un centre d'addictologie. A Saint-Martin il n'y a pas grand chose mais en Guadeloupe ou en métropole si. Ces professionnels vous aideront à combattre votre addiction en fonction de votre rythme et de vos objectifs. Les consultations dans les centres agréés sont gratuites. N'hésitez pas à nous contacter par téléphone (0 980 980 930 de 8h à 2h heures de la métropole) ou à consulter notre rubrique "adresses utiles" : http://www.alcool-info-service.fr/Adresses-utiles

Enfin je vous conseille d'écrire votre récit aussi sur le forum pour les consommateurs de la version généraliste de notre site. Vous y aurez sans doute plus de réponses d'internautes qu'ici : http://www.alcool-info-service.fr...ussion/Forums-pour-les-consommateurs

Cordialement,

le modérateur.

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