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Sous Baclofene et je bois encore ...

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Bonsoir à vous ... J'ai 28 ans, j'ai commencé à boire du scotch à l'age de 14 ans, dès mon entrée au lycée pour pouvoir surmonter ma timidité et ma dépression, il s'est avéré après 12 ans que j'avais une névrose sévère, tout ce temps j'ai dû boire pour gérer mes angoisses et mes problèmes de santé mentale.
A l'age de 24 ans je buvais en moyenne une bouteille et demi d'alcool fort par jour, ou 4 bouteilles de vin, ou encore pour assouvir mon fort penchant pour la bière, jusqu'à 50 unités de 24 cl par jour... On a ce qu'on appelle un mois saint une fois par an dans notre religion lors duquel on s'abstient à boire de l'alcool et même les plus ivrognes d'entre nous arrêtent de boire pendant ce mois, l'alcool y est interdit de vente et de consommation en Tunisie, alors je fais mes provisions avant quelques jours de la fermeture des magasins, je peux pas m'abstenir...
J'ai suivi plusieurs cures de désintoxication, à commencer par les cures de dégout puis les cures de Valium et de Tranxène à l'hôpital, mais je recommence à chaque fois à boire .
Il y a 2 ans j'ai découvert le Baclofene sur internet, j'ai demandé à mon psychiatre de me le prescrire en parallèle avec les autres neuroleptiques et antidépresseur que je prends pour ma névrose, je suis à 30 mg par jour, mais vu ma forte addiction psychologique à l'alcool et ma théorie qui dit qu'à toute angoisse ou insomnie ses deux bières, je bois encore, je suis indifférent aux alcools forts et au vin grâce au Baclofene mais pas à la bière, ma dose maximale est de 9 unités par jour et ma moyenne c'est 2 pour l'angoisse de l'après midi et une bière pour dormir, tous les jours et je n'arrive plus à m'en passer. L'alcool comble un fort manque affectif chez moi que même la psychothérapie et les médicaments ne peuvent pas gérer, et pour être franc je trouve à chaque fois une excuse pour prendre mes deux bières que ce soit une ou deux fois par jour, et en soirées je bois jusqu'à deux litres et demi de bière mais je ne sors pas beaucoup, c'est occasionnel, sinon je bois plus que d'habitude une à deux fois par semaine pour planer un peu ou pour m'inspirer afin d'écrire de la poésie.
Qu'es ce que je risque à moyen et à long terme ? Es ce que je peux avoir votre avis sur la question ? Pouvez vous mettre un nom sur mon type d'alcoolisme si c'en est un ? Es que vous voyez une issue à ce que je vis ?
Merci à vous ...

Mise en ligne le 16/06/2015

Bonsoir,

Depuis l'âge de 14 ans vous vous battez pour essayer de vous débarasser de l'alcool. Vous avez fait beaucoup de chemin puisque vous êtes arrivé à diminuer considérablement votre consommation, ce n'est pas facile. Vous avez géré votre névrose, vos angoisses pendant de longues années avec les médicaments et l'alcool et depuis que vous prenez du baclofène vous êtes indifférent à l'alcool fort. C'est une avancée car plus vous limiterez votre consommation, moins vous aurez de risques pour votre santé. 

Le baclofène semble être efficace auprès de certaines personnes dépendantes mais il ne faut pas perdre de vue que l'efficacité de tout traitement médicamenteux est variable selon les personnes et selon le contexte de vie. Face à la dépendance, il n'existe pas de molécule miracle qui règlerait tous les problèmes. La maladie alcoolique est liée à plusieurs facteurs. Pour se soigner, il est important d'être accompagné sur le plan médical, mais aussi sur le plan psychologique.

Le baclofène est autorisé pour traiter l’addiction à l’alcool depuis peu. Il permettrait à certains patients qui y sont réceptifs et qui en supportent  les effets secondaires de se détacher de l’envie de boire. Ce traitement est actuellement en phase d’expérimentation. Il nous est donc difficile de nous prononcer quant à son efficacité et ses risques éventuels. Sachez aussi que la gestion de la posologie (élevée et par pallier) est spécifique.  Le baclofène est connu pour ses effets secondaires très lourds chez certaines personnes.

Trouver des moyens d'améliorer son bien-être en général peut également aider à résoudre ce problème de dépendance. Avoir des occupations telles que le sport par exemple, des techniques de relaxation, voir des amis, s'adonner à des activités créatives. Les traitements, sans amélioration du bien être, peuvent être insuffisants.

Nous vous conseillons, pour en savoir plus sur les effets du baclofène, mais aussi sur ceux de l'alcool à long terme, de consulter les rubriques aux liens suivants.

http://www.alcool-info-service.fr/alcool/traitement-alcoolisme/alternatives-arret-alcool#.VYAKlEbSmLs

http://www.alcool-info-service.fr/alcool/consequences-alcool/risques-long-terme#.VYAr11KPXfc

Il n'y a pas à notre connaissance de nom spécifique à ce que vous appellez votre "type d'alcoolisme". Sachez cependant que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît l'alcoolisme comme une maladie et le définit comme des « troubles mentaux et troubles du comportement » liés à l'utilisation d'alcool que l'on appelle l'alcoolodépendance ou alcoolisme. 

Vous cherchez une issue à ce que vous vivez. Nous pouvons dire qu'il n'y a pas de fatalité. Votre motivation semble forte, comme le montre votre parcours, et votre envie de vous en sortir et ce sont là vos meilleurs atouts.

Prenez soin de vous.

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